FAO

L’intensification de la production agricole a entraîné une utilisation croissante des antibiotiques causant une résistance aux antimicrobiens, a indiqué l’Organisation des nations unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur son site web.

“L’ utilisation croissante des antimicrobiens dans l’agriculture -qui devrait plus que doubler en 2030- entraine de plus en plus de résistances aux antimicrobiens (RAM),ce qui représente une importante menace mondiale pour la santé publique, la sécurité alimentaire et la salubrité des aliments, ainsi que pour les moyens d’existence, la production animale et le développement économique et agricole”, a prévenu l’organisation onusienne, à l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotique prévu du 12 au 18 novembre.

Soulignant l’ampleur de ce phénomène, la FAO avance que 700.000 personnes meurent chaque année d’infections résistantes aux antimicrobiens (RAM) et un nombre “incalculable” d’animaux malades ne répondent plus aux traitements du fait de l’utilisation excessive de ses antibiotiques.

Tout en concédant que les antimicrobiens sont vitaux pour la défense des personnes, des animaux et des plantes contre les infections, les experts de la FAO mettent en garde contre leur utilisation “excessive” ou “inadaptée” qui peut les rendre inefficace “du fait que les microbes, explique-t-ils, développent une résistance à ces traitements qui sont d’importance vitale.

Aussi, pour enrayer le propagation de la résistance aux antimicrobiens et faire en sorte que ces médicaments restent efficaces le plus longtemps possible, ces experts préconisent d’investir dans de bonnes pratiques agricoles qui mettent l’accent sur la prévention des infections et mettre en place des politiques adéquates pour promouvoir ces pratiques agricoles durables.

“Il faut adopter de bonnes pratiques d’hygiène dans le secteur de l’agriculture, de la production, de la transformation et de la distribution alimentaires pour préserver la sécurité sanitaire des aliments et prévenir autant que possible la transmission d’une résistance aux antimicrobiens à l’homme, à travers la chaîne alimentaire”, ont -il recommandé, en prévenant que le traitement des organismes résistants aux antimicrobiens peut être plus difficile et plus coûteux.

La FAO a fait constater que tous les pays n’ont pas mis en place des réglementations et des contrôles pour garantir une utilisation responsable des antimicrobiens dans les secteurs de la production animale et végétale ne sont pas généralisé dans tous les pays du monde”.

“Or l’utilisation d’agents antimicrobiens de mauvaise qualité ou falsifiés ou inappropriés pour traiter certaines causes de maladie peut accélérer le développement d’une résistance”, a-t-elle prévenu. De plus, ces médicaments ne s’achètent pas toujours sur ordonnance, de sorte qu’ils peuvent être employés par des personnes non informées alors qu’ils ne sont pas du tout nécessaires, a-t-elle poursuivi, d’où importance, selon elle, de solliciter une formation et des avis d’experts de la part de professionnels qualifiés de la santé animale.

Dans ce sens l’organisation onusienne conseille aux éleveurs de travailler avec les vétérinaires pour renforcer immunité des animaux et réduire les besoins d’antimicrobiens.